Un commercial prépare une réponse à un client mécontent. Pour gagner du temps, il colle l'e-mail reçu dans ChatGPT et demande une réponse courtoise. Le message contient le nom du client, son adresse, le montant de sa commande et parfois son IBAN. En quelques secondes, ces informations ont quitté l'entreprise. Personne ne l'a décidé, personne ne l'a vu, et pourtant la donnée est partie. Ce scénario se répète chaque jour, dans presque toutes les entreprises où l'IA s'est installée sans règle du jeu.
Ce qui part vraiment quand un salarié utilise une IA
Un assistant comme ChatGPT traite le texte saisi et les fichiers joints sur les serveurs de son éditeur. Selon l'offre et les réglages, ces contenus sont conservés un temps et, pour les services grand public, peuvent servir à améliorer les modèles. Sur sa page consacrée aux services grand public, OpenAI demande d'ailleurs de ne pas saisir d'informations sensibles que l'on ne voudrait pas voir examinées ou utilisées.
Le problème n'est pas l'outil, qui rend de vrais services, mais ce qu'on lui confie sans y penser. Un e-mail client, un extrait de tableur, un contrat glissé dans la conversation : autant d'informations personnelles qui sortent du périmètre de l'entreprise. Et pour l'entreprise, l'enjeu est d'abord juridique. Le RGPD impose que les données personnelles soient adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard de la finalité : c'est le principe de minimisation de l'article 5. Or reformuler, traduire ou résumer un message n'exige presque jamais de connaître l'identité réelle du client.
Les réponses habituelles, et pourquoi elles déçoivent
Face à ce constat, trois réponses reviennent. Aucune ne tient seule.
Interdire l'IA. C'est la réaction la plus simple, et la moins efficace. L'interdiction pousse les usages dans l'ombre : les salariés continuent, sur leur compte personnel, hors de tout contrôle. On parle de shadow AI. L'entreprise perd à la fois le bénéfice de l'outil et la visibilité sur ce qui sort.
Compter sur les offres professionnelles. Souscrire une offre entreprise aide : sur ses offres professionnelles, OpenAI indique ne pas utiliser par défaut les contenus pour entraîner ses modèles. Mais cela ne règle pas tout. Le compte personnel qu'un salarié ouvre de son côté n'est pas couvert, et dans tous les cas la donnée part sur des serveurs externes. L'offre pro réduit un risque, elle ne remet pas la donnée sur le poste.
Demander aux équipes de faire attention. Sur le papier, c'est raisonnable : relire, retirer les noms, masquer les montants. En pratique, la vigilance ne survit pas à la pression du quotidien. Un humain attentif repère bien le contexte, mais il oublie, il va vite, et un fichier de plusieurs centaines de lignes décourage toute relecture. La CNIL recommande justement d'encadrer l'usage de l'IA générative et de définir les données qui ne doivent pas y être saisies : encore faut-il un moyen de faire respecter la règle.
Garder la donnée sur le poste, avant l'envoi
C'est précisément le rôle de Tacite-IA. L'analyse se fait entièrement sur l'ordinateur du salarié, sans IA générative : des règles précises et des calculs de contrôle, comme la clé d'un IBAN ou d'un numéro de sécurité sociale, repèrent les données sensibles. Aucun message ni fichier n'est envoyé à nos serveurs pour être analysé.
Concrètement, dans Chrome et Edge, face à ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini et d'autres assistants : avant l'envoi, une fenêtre montre les données repérées et propose d'envoyer la version où elles sont remplacées par des balises cohérentes, par exemple le nom du client devient une balise et son IBAN une autre. Le message reste compréhensible pour l'assistant, mais l'identité du client ne quitte plus l'entreprise. Les fichiers Word, Excel, PowerPoint, PDF ou texte glissés dans l'assistant sont lus sur le poste, et une copie anonymisée part à la place de l'original.
Pour en comprendre le détail et la différence entre anonymisation et pseudonymisation au sens du RGPD, notre guide dédié fait le point : anonymiser ses données avant ChatGPT.
Les objections, traitées franchement
« Nos équipes vont perdre du temps. » Le contrôle s'exécute au moment du copier-coller, en une étape. Le salarié voit ce qui a été repéré et valide. C'est plus rapide qu'une relecture manuelle, et surtout cela ne repose plus sur sa mémoire.
« Et si l'outil laisse passer une donnée ? » Il faut le dire clairement : comme tout outil à base de règles, Tacite-IA repère bien les données structurées, mais ne comprend pas un contexte identifiant formulé librement, et les noms ne sont repérés automatiquement que lorsqu'ils sont précédés d'une civilité. C'est pourquoi une relecture humaine et une charte écrite restent utiles. L'ANSSI recommande d'ailleurs une posture générale de prudence lors du déploiement de l'IA générative. Tacite-IA n'est pas un filtre magique : c'est un garde-fou qui rattrape l'essentiel des oublis, là où la vigilance seule échoue.
« Les applications de bureau ne sont pas couvertes. » C'est exact, et nous le signalons dans la console plutôt que de le cacher : ChatGPT pour ordinateur, par exemple, n'est pas contrôlé. Le périmètre couvert, ce sont les navigateurs Chrome et Edge et les assistants de code comme Claude Code ou Cursor.
Ce qu'il faut retenir
La donnée client qui part dans une IA ne revient pas. Interdire pousse les usages dans l'ombre, les offres pro ne remettent pas la donnée sur le poste, et la vigilance humaine ne tient pas dans la durée. Un contrôle local, qui s'exécute avant l'envoi et remplace les données sensibles par des balises, garde l'information là où elle doit rester : chez vous.
Pour voir ce que cela donne concrètement, la démonstration interactive montre un message traité en direct. Et pour l'essayer sur vos propres postes, l'essai dure trois mois :
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Frequently asked questions
Est-il interdit d'utiliser ChatGPT avec des données clients ?
Rien ne l'interdit en soi, mais l'entreprise reste responsable du traitement au sens du RGPD. Le principe de minimisation (article 5) impose de n'envoyer que les données nécessaires à la tâche. Pour reformuler ou traduire un message, le nom et l'IBAN du client ne sont presque jamais nécessaires.
Les offres professionnelles de ChatGPT suffisent-elles à protéger les données clients ?
Elles aident : sur ses offres professionnelles, OpenAI indique ne pas utiliser par défaut les contenus pour entraîner ses modèles. Mais cela ne couvre pas le compte personnel qu'un salarié peut utiliser de son côté, ni le fait que les données partent quand même sur des serveurs externes. L'encadrement interne reste nécessaire.
Comment éviter qu'un salarié colle des données sensibles sans y penser ?
La vigilance humaine ne tient pas dans la durée. Un contrôle qui s'exécute sur le poste, au moment du copier-coller, repère les données structurées (IBAN, numéro de sécurité sociale, e-mail, numéro de carte) et propose une version où elles sont remplacées par des balises, sans dépendre de la mémoire de chacun.
Sources
- Règlement (UE) 2016/679 relatif à la protection des données (RGPD). EUR-Lex. Accessed on 10 October 2026.
- Les questions-réponses de la CNIL sur l'utilisation d'un système d'IA générative. CNIL, 18 juillet 2024. Accessed on 10 October 2026.
- How OpenAI handles data in consumer services. OpenAI Help Center. Accessed on 10 October 2026.
- Recommandations de sécurité pour un système d'IA générative. ANSSI, 29 avril 2024. Accessed on 10 October 2026.
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